Les prévisions pour la chine en 2019.

Nous débutons maintenant l’année du cochon en Chine. C’est normalement le signe de la prospérité, mais les mois précédents ne nous conduisent pas à de telles attentes. La croissance est au plus bas depuis des années alors que c’était l’indicateur principal du pays. Cela a bien sûr des conséquences sociales, certaines n’étant pas évidentes.

Les premières indices du changement sont apparues l’année dernière. Le turnover des ouvriers s’est effondré en chine, car le chômage a commencé à être un problème alors que ce n’était pas le cas auparavant. Cela se voit également dans la stabilisation des salaires. Le turnover était communément supérieur à 10 % par mois dans les années précédentes, mais nous rencontrons maintenant souvent des taux inférieurs à 5 %. De même, le changement pratiquement complet des équipes de production (seul l’encadrement étant moins volatile) entre avant et après le Nouvel An chinois, devient une problématique du passé. En conséquence, les importantes difficultés du redémarrage devraient être beaucoup plus faibles et plus courtes en 2019. Les ouvriers revenant dans la même usine pour un poste identique autorisent une reprise rapide des opérations. C’est clairement une conséquence positive.

Mais, d’un autre côté, les carnets des commandes n’étaient pas très haut à la fin de 2018. Il est donc crédible de prévoir que les sociétés vont moins embaucher dans les semaines à venir. Ainsi le faible turnover risque de s’accompagner d’une diminution de la taille des équipes dans les usines. Il en résultera probablement une augmentation des horaires de travail à partir du printemps. L’embauche de travailleurs temporaire est également plausible et c’est quelque chose qui devrait être vérifié bien que nous ne pourrons pas réellement le prouver avant plusieurs mois.

Jusqu’à récemment, la consommation intérieure compensait, en termes de besoin de main-d’œuvre, l’amélioration de la productivité et la diminution des achats de l’étranger pour les biens à faible valeur ajoutée. Mais l’augmentation du chômage pourrait stopper cette dynamique, car elle pourrait ralentir la consommation intérieure, conduisant à moins de commandes et moins de besoins de staff dans les usines. Le gouvernement a décidé au 1er janvier de finalement commencer à exiger le payement intégral des taxes et des assurances sociales. Jusqu’à maintenant les composants distincts étaient gérés séparément, et l’assiette de calcule pouvait être différente. Certaines entreprises en profitaient pour effectuer des réglements à des taux inférieurs à la normale. De plus, les autorités locales réclament de plus en plus le payement complet des assurances sociales alors que ce n’était pas le cas précédemment. Les coûts du travail ont donc tendance à continuer d’augmenter. Les pratiques illégales et le secteur informel vont probablement fleurir pour compenser cela. La sous-traitance dans des unités informelles devrait s’accroitre avec comme corollaire une hausse des conditions de travail illégale sur les salaires, mais aussi éventuellement sur l’âge des travailleurs.

La croissance très rapide et le manque de main-d’œuvre avaient très fortement aidé à l’amélioration impressionnante des conditions de travail dans les usines chinoises les années passées. Mais le virage actuel pourrait au contraire reverser le mouvement et les pratiques sociales devraient donc être surveillées de prêt.

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