Des mots à la mode.

An assembly unit

Une unité d’assemblage.

La mode existe partout, même dans le vocabulaire. C’est amusant, mais comme la mode est aussi une image de la société, c’est également instructif. 2016 a été l’année de « Disruptive » et de « post-truth ».

Le sens français de « Disruptif » a avant tout un sens en électricité, mais c’est bien de « source de changement majeur » qui nous intéresse ici. Bien des entreprises ont cherché à apporter ce genre d’innovation dans leurs produits ou leurs processus. Mais, bien sûr ce n’est pas aisé, car il faut penser différend de la méthode générale.

Les élections américaines ont été le point d’orgue d’une tendance à la post-vérité. Les fausses déclarations ont été nombreuses, entraînant des buzz médiatiques massifs, sans relation avec la vérité. L’information, vrai ou fausse est alors mémorisée de la même façon. C’est ce qui a été appelé « post-truth ».

Que vient faire ce rappel de vocabulaire dans ce blog ? Il parle généralement plus de responsabilité sociale des entreprises et d’audits sociaux des usines.

En fait, il m’arrive souvent de me demander si la pratique courante des audits de conformité sociale n’est pas un exemple de « Post-truth ». Quand nous auditons en Asie des usines certifiées ou qualifiées selon les principaux référentiels, nous rencontrons toujours au moins un écart majeur qui aurait dû empêcher la certification. Mais, à répéter que des usines sont conformes, certains finissent par le croire, rendant même difficile la prise en compte de la réalité. En effet, les processus des entreprises occidentales sont alors construits en prenant en compte la possibilité de sélectionner des usines certifiées ou qualifiées. Il devient alors indispensable d’avoir de telles usines (indépendamment de leur niveau réel), juste pour que le processus puisse être mené à bien.

Remettre la vérité au centre de l’évaluation social serait-elle disruptive en considérant la situation actuelle ? L’une des conséquences probables serait la disparition des critères d’audits tels qu’ils existent aujourd’hui. Ils n’auraient en effet plus lieu d’être puisque la certification serait impossible et les critères non-utilisable. L’approche d’audit serait également fortement bouleversée puisque sans critère de niveau (comme ceux que nous avons actuellement) la réponse ne pourrait plus être uniquement un Oui/Non, mais se devrait d’être une évaluation prenant le contexte en compte. (Ce n’est pas inhabituel dans le domaine de l’audit. L’ISO9001 nécessite par exemple une organisation qui va permettre à chaque entreprise de définir elle-même les niveaux à atteindre.) Dans un deuxième temps, la transparence des usines serait également complètement revue puisque l’intérêt de mettre en œuvre une approche de dissimulation serait totalement modifié.

Nous pouvons alors former un vœu pour 2017 que cette année soit celle de la fin de la post-vérité sur la conformité des usines en ayant une approche disruptive sur l’évaluation des usines.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

× 4 = 12