Ce serait drôle si ce n’était pas triste, ou « comment rendre un mensonge officiel ».

Une usine de parapluie

Une usine de parapluie

Nous basons souvent cette newsletter sur un exemple récemment observé pendant un audit. Ce mois-ci, nous prenons un exemple ironiquement tiré d’un audit réalisé le jour de la publication du « tableau de la honte » du mois dernier qui était sur une certification SA8000 clairement non justifiée. Ce mois-ci, l’usine était également certifiée SA8000, bien que le temps de travail dépasse les 77 heures par semaines, que les ouvriers soient soumis à des amendes et qu’il y ait bien d’autres écarts.

Pourtant, ce qui est intéressant dans cet audit c’est la conclusion de la dirigeante de l’usine. Elle était en colère que nous ayons mis en lumière les incohérences de certains documents et que nous ayons insisté sur l’importance pour notre client d’avoir accès aux documents réels. Elle nous a alors déclaré : « Si le client veut les vrais documents, on peut les lui envoyer directement. Vous n’avez pas besoin de venir la prochaine fois ! »

C’est pour le moins surprenant. Elle nous dit qu’il n’y a pas besoin d’un auditeur pour venir vérifier la vérité, mais qu’il en faut un pour vérifier de faux documents. L’objet de l’auditeur n’est alors plus d’évaluer l’usine, mais d’évaluer le processus de falsification. Un certificat n’indiquerait que la qualité de la falsification ?

Comment avons-nous (les marques, les cabinets d’audit…) pu apporter tant de confusion aux directions d’usines qu’ils pensent qu’un audit sert à rendre un mensonge officiel ?

 

 

Retour sur l’article du mois dernier.

L’article publié le mois dernier a entrainé pas mal de commentaires et plusieurs personnes nous ont recommandé de contacter le SAAS (l’organisme gérant les accréditations des sociétés de certification pour la SA8000). Nous avons en fait également été contactés directement par le SAAS avec une demande pour remplir un formulaire « Uniform Complaint Report Form ». Le but de nos articles n’est pas de pointer du doigt un cabinet d’audit et nous prenons des exemples uniquement pour illustrer des situations fréquentes. (Le but est au contraire de réfléchir de manière plus globale aux processus d’audits, et à leurs conséquences, ainsi que d’informer sur les situations rencontrées.) Il n’était alors pas juste de signaler un exemple spécifique alors que nous aurions pu en signaler d’autres (comme celui de ce mois-ci par exemple). Nous avons donc essayé d’ouvrir la discussion avec la SAI et le SAAS sur la méthode utilisée pour gérer l’énorme écart existant entre les pratiques générales dans certains pays comme la Chine et les exigences de la SA8000. Cet écart conduisant à ce qu’une usine certifiée devrait être complètement déconnectée de son marché. Pendant cette discussion, je vais continuer d’essayer d’être juste et de garder les informations relevées pendant les audits pour les clients des audits, et ainsi leur permettre de prendre des décisions raisonnables.

Un commentaire

  1. Ping :Des mots à la mode.

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