Le tableau de la honte.

A plush unit

Une usine de pluches.

Je suis en colère. Je ne devrais probablement pas, car être en colère ne changera rien, mais je suis en colère néanmoins.

Hier, je travaillais sur le rapport d’audit d’une usine certifiée SA 8000. C’était une usine très propre et qui semblait très sûre.

Mais 90 % des postes étaient vides le jour de l’audit. Les quelques ouvriers que nous avons rencontrés nous ont tous déclaré que l’usine travaillait 6 jours sur 7, 8 heures par jours et sans aucune autre heures supplémentaires. Si cela avait été vrai, cela aurait été pour le moins surprenant. Malheureusement, nous avons fait des interviews en dehors de l’usine. Et là, c’était une tout autre histoire. Le temps de travail moyen est de l’ordre de 70 heures par semaine et de nombreux ouvriers ne touchent pas le salaire minimum légal. D’autres ouvriers se sont même plaints qu’il était très difficile de démissionner et d’être payé.

C’est bien sûr en complet décalage avec ce que devrait être une usine certifiée. Comment est-il possible qu’un organisme certificateur international n’ait pas été capable de trouver ce que nous avons vu en quelques heures alors qu’ils avaient fait un audit de deux jours ? Est-il éthique d’émettre un certificat pour une usine qui mentait de manière si évidente juste pour paraître conforme ? Est-ce juste vis-à-vis des usines qui essayent réellement de fournir de bonnes conditions de travail ?

L’audit est un métier complexe et il est souvent difficile d’être parfaitement précis. Mais dans ce cas comme dans de nombreux autres, ce n’est plus un problème de précision. Il y a tant d’audits qui ne veulent rien dire ! Devrions-nous considérer que la SA 8000 n’est qu’un certificat sur la santé et la sécurité puisque c’est le seul sujet pour lequel les solutions sont plus simples que la dissimulation ? Mais il y a d’autres critères d’audits qui se focalisent sur la santé et la sécurité. Pourquoi utiliser la SA 8000 dans ce cas ?

Je tends à penser qu’en travaillant dans la RSE, nous devons avoir des valeurs éthiques fortes, et je continuerais en ce sens. Mais, bon, c’est tellement frustrant de voir certains prospérer avec des pratiques contraires à l’éthique et détruire par la même le travaille des marques et des usines qui cherchent réellement à promouvoir de meilleures conditions de travail.

Je suis en colère, mais je suis obstiné. Je continuerais à promouvoir une approche réaliste et responsable.

Un commentaire

  1. Ping :Ce serait drôle si ce n’était pas triste, ou « comment rendre un mensonge officiel ».

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