De la profondeur des supply-chains.

Soldering worker

Soldering worker

Une question revient souvent chez les responsables de supply chain que j’ai l’occasion de rencontrer. Faut-il auditer les usines de second rang, où même plus ? Autrement dit, faut-il auditer les fournisseurs de mes fournisseurs ?

Le premier point à prendre en compte est la déconnexion partielle entre le rang comptable et le rang de fabrication. En effet, un importateur ou une trading ajoutent un rang comptable, mais n’ont pas d’impact sur le processus de fabrication.

Certains soutiennent qu’il faut auditer tous les fournisseurs de rang deux. Mais pourquoi pas de rang trois dans ce cas, et par là toute la supply chain dans l’entièreté de sa complexité ? La réponse évidente est un problème de coûts. Il est en effet irréaliste d’auditer toute la supply chain, depuis le confectionneur au fabricant de tissu et de fil, mais aussi l’imprimeur des étiquettes, le fabricant de l’encre pour les imprimer, le métallurgiste fabriquant les pots d’encre…

Il semble donc indiqué de concentrer ses ressources selon des critères pertinents comme le risque ou l’impact d’une commande.

Selon les risques, tout ce qui est clairement identifiable comme tous les éléments avec un logo, un design spécifique… est bien sur les éléments clés. Nous pouvons de ce point de vue être très loin du cœur du produit, pourtant les usines sont très significatives en termes d’image. Un zip siglé sera déjà identifiable chez l’injecteur ou la fonderie, puis le polissage… avant d’être finalement assemblé pour ensuite être installé sur le produit. Un autre élément de risque est le processus industriel. Si l’on considère les aspects environnementaux, choisir les fournisseurs de rang un n’a pas nécessairement beaucoup de sens. Le fabricant d’un sac n’a que très marginalement un impact environnemental. Coupe et couture sont les deux seuls processus. Auditer cette usine et en déduire que le produit n’est pas polluant lors de sa fabrication n’a aucun sens. C’est dans les étapes précédentes que l’impact du produit se fait sentir (teinture, matière première…). C’est donc bien sur ces étapes que les ressources d’audits devraient être affectées.

L’impact de la commande ou de la marque sur un supply chain est un autre facteur important même s’il est plus difficile à mesurer. En effet, si une marque utilise un produit peu utilisé, ou une origine atypique, alors l’impact de cette marque sur cette supply chain spécifique est important. La marque sera alors capable d’influer fortement sur les forces et les faiblesses de cette supply chain, il semble donc cohérent de la connaître au mieux, même si cela signifie de remonter jusqu’à la matière première.

Ainsi, à la question « Jusqu’à quel niveau faut-il auditer sa supply-chain ? », il ne faut pas répondre par une règle générale, mais par une interrogation sur la supply-chain elle-même pour concentrer les ressources là elles seront les plus efficaces.

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