Tracer les produits chimiques.
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Poste de collage, laissant des traces de produits chimiques.
Ces derniers mois ont vues de nombreuses références dans les médias à la sécurité des produits. La composition des vêtements et chaussures est de nouveau étudiée de près. De si près en fait, qu'il ne s’agit pas de la nature des fibres dont on parle, mais des traces de composés chimiques issus des processus de teinture et d’apprêt. Déjà en 2007 de nombreuses entreprises s’étaient intéressé à ces composants lors de la mise en application du processus de REACH. C’est maintenant les ONGs et les médias qui s’intéressent à cette question. Pourquoi en parler dans ces colonnes alors que nous évoquons habituellement les conditions de travail et les droits des ouvriers ?
Une première raison évidente tient compte de la santé des travailleurs. Si les produits sont dangereux pour les utilisateurs, ils le sont aussi pour les producteurs. Nous nous devons donc autant que possible de tracer ces produits. Cependant, ce n’est pas la raison principale.
Nous suivons autant que possible les risques pour la santé des travailleurs. Pourtant nous ne pouvons que rarement obtenir des informations pertinentes. En effet, les usines de teinture ne sont que rarement les même que les unités de confection. La confection que nous auditons n’est pas généralement au courant des risques et des modes de traitement du tissus. Ainsi, l’usine elle-même ne sait pas contre quoi elle doit se protéger.
Pourtant, nous observons souvent des rapports ou des procédures parlant de maîtrise de la sécurité des produits qui abordent la question de manière administrative. Le client demandant à son fournisseur un certificat d’innocuité, lui-même le demandant à sa trading, elle-même le demandant à une de ses usines, elle-même le demandant à un fournisseur de tissu… Cette méthode oublie plusieurs éléments clés. D’une part, elle ne prend pas en compte la réalité. À chaque étape, le niveau de compréhension, la connaissance du contexte, les compétences techniques, la langue… sont autant de filtres déformant qui peuvent laisser dubitatif sur la pertinence des informations récoltés. D’autre part le processus complet devrait être recommencé pour chaque commande (et même en réalité pour chaque fournisseur de tissu pour chaque commande) ce qui est lourd et peu réaliste. De plus les produits sont variés et souvent d’origines diverses.
D’autres entreprennent des approches de maîtrise de supply chain ou les mailles sont souples d’une commande à l’autre, mais dans un périmètre donné, permettant aux usines de s’approvisionner selon leurs choix et leurs besoins chez des fabricants de tissu connaissant les exigences techniques du client. Le client s’assure alors de la rigueur du système de suivi et est ainsi assuré du respect de ses exigences. Cette démarche de maîtrise et non de gestion au cas par cas se rapproche de la gestion du risque tel que nous la pratiquons, et pourrait donc s’associer avantageusement pour pouvoir remonter l’amont de la supply chain, qui est si souvent ignorée.
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Release date: 2012-02-10
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