Le mois dernier, nous avons évoqué différentes situations de travail d'enfants que nous pouvons rencontrer lors des audits. La réaction des clients de ces usines peut également être très variable, et nous allons détailler ici certaines des plus fréquentes. Pour chacune, nous allons esquisser les conséquences principales
Aussi surprenant que cela paraisse, certaines marques demandant des audits sociaux ne font absolument rien lors de la découverte de travail d'enfants. Le message envoyé à l'usine est alors très clair : « Nous réalisons des audits, mais nous ne nous intéressons pas aux résultats ». L'usine n'a alors aucune raison de changer ses pratiques.
Nous trouvons également des marques qui ont une politique stricte, souvent documentée et contractuelle. La présence d'enfant déclenche la rupture des relations commerciales. L'usine perd un client, la marque un fournisseur. Pour le ou les enfants, la situation est plus contrastée. Il est probable qu'il (s) sera (seront) renvoyé (s) sans compensation. En effet, ils seront vus comme la source du problème, et condamnés comme tels. Les parents, s'ils sont aussi dans l'usine, risquent également de subir le même sort. S'il y avait d'autres enfants dans l'usine, non détectés lors de l'audit, ils seront très probablement renvoyés également. L'impact financier pour les enfants et leurs familles peut alors être très important et accentuer la pauvreté. Cette approche a l'avantage de la simplicité, mais a plusieurs défauts importants. Le premier est bien sûr que les premiers à en subir les conséquences sont les enfants eux-mêmes. Le deuxième est l'absence de prise en compte de la situation d'origine. Était-ce un cas majeur ou exceptionnel, voir un cas litigieux et découlant d’interprétation culturelle ? On peut légitimement s'interroger sur la pertinence de la rupture de relation commerciale avec une usine qui a embauché un employé de 15 ans et 50 semaines.
Enfin, certains travaillent au cas par cas, même s'ils ont de grandes lignes directrices. Les cas de travail des enfants sont heureusement rares. Il paraît donc cohérent d'avoir une réflexion complète sur chaque cas avant de se prononcer. La première étape consiste généralement à qualifier complètement le problème. En effet, l'audit ou les autres sources de découverte d'enfant dans les usines (visite d'acheteurs, visite de contrôleur qualité...) n'identifient que l’existence du problème, mais ne le qualifie pas. Il faut pour cela pouvoir interviewer correctement les enfants, l'encadrement, les parents. Ce travail doit être fait immédiatement. Il est en effet probable que l'usine renverra les enfants dans les jours qui suivront. Il sera alors presque impossible d’identifier tous les enfants concernés. Ensuite, la réaction ne peut évidemment pas être la même avec une usine pratiquant intentionnellement le travail des enfants, et une usine n'ayant pas correctement appréhendé les risques lors de l'embauche. Mais dans tous les cas la protection des enfants se devrait d'être au cœur de la décision. Il s’agit :
- D'éviter un licenciement sans compensation, voir sans salaire pour les dernières semaines.
- D'éviter que les enfants partent immédiatement dans une autre usine. Pour cela il est généralement recommandé que l'usine prenne en charge les frais de scolarité de l'enfant, au moins jusqu'à l'âge légal de scolarisation. La présence effective de l'enfant dans l'école devrait être vérifiée en contactant directement l'école. Certains recommandent également une compensation financière mensuelle pour éviter que l'enfant ne soit conduit par la pauvreté à de nouveau travailler (ceci peut cependant avoir d'autres conséquences que nous ne détaillerons pas ici).
- D'éviter que la situation ne se reproduise. L'explication, l'accompagnement de l'usine sont alors des éléments importants pour mettre en œuvre un système de gestion a même d'éviter ce problème. Il peut aussi être intéressant d'élargir la sensibilisation des autres fournisseurs de la marque en expliquant les différents types de travail d'enfant et en renouvelant la position de la marque sur l'impossibilité d'accepter de telles pratiques. Ainsi la marque participe à limiter la pratique du travail des enfants, et protège les enfants non pas ponctuellement, mais à l’échelle de son parc de fournisseur et pour les mois/années à venir.
Nous n'avons pour le moment pas évoqué les sanctions sur l'usine. Le mode de sanction est très ouvert et nous n'allons pas toutes les lister. Nous souhaitons tout de même faire quelques commentaires. Les sanctions ne devraient pas être au bénéfice de la marque, sous peine de risquer l'accusation de profiter de la situation. Une amende ne devrait donc pas être émise par la marque. Par contre une exigence de financement d'une ONG, d'un organisme de soutient à l'enfance paraît cohérent. Notons que le financement de la scolarisation des enfants est déjà une sorte de sanction financière. La rupture des relations commerciales est également à manipuler avec précaution, car il devient alors impossible de vérifier la bonne mise en œuvre du plan ci-dessus. Une réduction des ordres, pendant l'observation de la mise en œuvre paraît de ce point de vue plus efficace.
May we remind you this place is fully open and WethicA is not responsible of the purpose on the above comments .
However, WethicA may decide to delete any post judge as against the politeness or the ethic.